Il était une fois Quatreterre
Voici une nouvelle publication, dans les Contes de la Lande cette fois-ci. Ce texte pourrait faire office de préambule aux contes même s'il n'a pas été publié en premier. Mais de toutes façons, un unique conte a été posté donc ce n'est pas un gros retard.
Je vous laisse donc errer dans les contrées sauvages de Quatreterre en espérant que vous garderez un agréable souvenir de vos errances.
Bonne lecture !
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Il était une fois Quatreterre...
Il était une fois Quatreterre, ses collines, ses vallées, sa lande et sa côte dentelée. Le vent y courait librement entre les ajoncs en fleurs et le mauve de la bruyère, charriant un parfum d'iode et de vagues fougueuses. Ses plages de sable blanc s'ouvraient sur l'immensité d'azur des flots percées de l'écru des voiles des navires. Le chant des mouettes se mêlait à celui de la marée tandis lièvres et hirondelles jouaient à chat dans les landes sous le regard amusés de papillons colorés.
Sur les côtes tortueuses, la mer venait s'étendre lascivement au soleil, et par les nuits de tempêtes, des forces célestes semblaient déverser toute la violence de leur colère sur les amas rocheux qui défiaient les rouleaux. L'île principale, la plus grande, couvait les trois autres d'une regard protecteur, presque maternel, et les protégeait des caprices de l'océan.
Il était une fois Quatreterre mais avant tout, il était une fois ses habitants. Répartis en petits villages reliés entre eux par des sentiers de terre battue, on distinguait deux types de Quatrais - comme on les appelait : il y avait les Quatrais de mer et les Quatrais de terre.
Les Quatrais de mer étaient rassemblés aux abords des criques et des plages et vivaient principalement de l'amour de l'océan et de ses ressources. La peau des hommes était tannée par le vent, le sel et le soleil et les enfants se plaisaient à faire des ricochet sur la mer les jours de morte-eau. La pêche était l'activité traditionnelle de bien des hommes et les bateaux étaient choyés avec autant - si ce n'est plus ! - de soin que les épouses. Il y avait les petites embarcations à une seule voile, triangulaire, de chanvre, qui cabotaient à la recherche de menus poissons et posaient des casiers à crustacés. Et puis il y avait les fiers vaisseaux de haute mer qui partaient à l'aventure pour plusieurs mois dans les eaux glacées du Grand Nord en quête d'espadons et de thons.
Au contraire, les Quatrais de terre vivaient au cœur des îles, dans les collines et la lande. Petits bourgs de maisons de pierre à toits d'ardoise ou de chaume rassemblées autour d'une église, on trouvait leurs villages disséminés le long des routes qui traversaient Quatreterre. A l'aurore, les coqs saluaient l'arrivée du soleil sur ces petits villages de fermiers et d'artisans. Les femmes sortaient nourrir les bêtes, accompagnées des enfants qui jetaient du grain à la basse-cour avec quelques éclats de rires. La plupart des hommes travaillaient au champs ou à l'élevage, mais chaque village avait ses quelques commerces et sa taverne où, à la nuit tombée, on se retrouvait pour de longues veillées au coin du feu. Les colporteurs et voyageurs de grands chemins apportaient quelques nouvelles du comté voisin et parfois même de la Ville, puis les rumeurs laissaient place aux légendes, les langues se déliaient et les histoires allaient bon train.
Car il était une fois Quatreterre, mais aussi ses légendes et ses mythes. Ses histoires de créatures étranges qui arpentaient la lande une fois la nuit tombée. Des histoires d'arbres sacrées et de korrigans, des histoires de voyageurs et de maître des vents. On racontait que par les nuits sans lune, la mort elle-même arpentait les sentiers de Quatreterre dans sa charrette à l'essieu grinçant. Intersignes et présages étaient toujours au rendez-vous pour ceux qui avaient le pouvoir et la fortune accompagnait ceux qui savaient s'arroger les faveurs des petits êtres.
On parlait aussi de monstres marins et de trésors engloutis, de butins de piraterie scintillant comme des soleils dans l'obscurité des grottes où ils avaient été enfouis. Mais on parlait avant tout de la lande et de ses mystères, de la lande et de ses nuits de pleine lune, de la lande et de ses matins de brume.
Venez donc ouïr ces histoires, aventurez-vous donc, au son de ma voix, sur les sentiers de Quatreterre. Laissez-vous porter par le chant du vents mais redoutez celui des sirènes. Profitez de la lumière de la lune mais défiez-vous de la lanterne qui au loin vous guide. Avancez-vous pas à pas dans les étendues sauvages de la lande et prenez part à ses légendes...
N.B. : La musique que je vous propose est "Spatter the Dew", issue de de l'album Message of the sea de David Russel. Nul doute que le texte aurait été très différent si je l'avais écrit sans ce morceau, je suppose donc qu'il en ira de même de sa lecture.
Par La plume du Moineau, Dimanche 13 Avril 2008 à 21:22 GMT+2 dans Contes de la Lande (article, RSS)






